Corre, Armand-Marie (1841-1908) (Z-Corre)
Médecin de la marine originaire du Finistère, le docteur Corre fut également professeur à l’école de médecine navale de Brest, archiviste de la ville, membre de la Société académique et vice-président de la Société archéologique du Finistère. Il publia de nombreux ouvrages médicaux, de sociologie des mœurs (criminelles et coloniales notamment), d’histoire de la Bretagne, ainsi que des brochures contre le militarisme. En 1906, il fit don à la Bibliothèque nationale de sa collection d’ouvrages touchant aux études qui l’intéressaient, tandis que des notes manuscrites furent remises à la bibliothèque des médecins de la marine de Brest. Le don, enregistré sous le n° 115197 dans les registres du département des Imprimés, est coté "Z Corre", et conservé depuis 1998 au département Littérature et Art. Il comprend de nombreux recueils de pièces et journaux de la Révolution française, des archives brestoises, divers ouvrages sur la Révolution, l’histoire de la Bretagne, la marine, la police et l’instruction publique, enfin les œuvres publiées du Dr Corre. De nombreux ouvrages sont abondamment annotés et enrichis de pièces annexes. Un inventaire manuscrit inséré dans le registre de dons livre en détail les titres des pièces pour les cotes Z Corre 1 à Z Corre 285, alors que les cotes principales se poursuivent jusqu’au n° 330. On y découvre des ouvrages d’un intérêt non négligeable, notamment sur l’histoire de la Révolution française. 887 cotes de pièces récolées sont présentes dans le catalogue BN OPALE+ pour le "Z Corre", mais seule une trentaine d’œuvres du Dr Corre présentes dans ce fonds possède une notice bibliographique complète. Les œuvres du Dr Corre figurent par ailleurs dans l’ensemble des collections de la Bibliothèque nationale, sous d’autres cotes. Deux fragments d’inventaire manuscrit signalent en outre que 433 pièces ont été déposées au département des Estampes sous le n° de don 587 (vues, cartes, plans, portraits, gravures, dessins sur le département du Finistère et la ville de Brest), et 20 manuscrits au département des Manuscrits, sous le n° de don 4180 (sur la marine brestoise, les voyages, la Révolution, les colonies, la Bretagne au XIXe siècle, et divers manuscrits autographes du Dr Corre).
Dictionnaire de biographie française. T. 9, 1961 "Géographie. Legs de M. le Docteur Corre". Bulletin mensuel des récentes publications françaises. Janvier 1907, p. 48-54 Kerviler, René de. Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Rennes, 1886-1908 Registre des dons du Département des Imprimés, 1906, "103661 à 120847"
Inventaire manuscrit : MMA-109
Congrès de musique arabe du Caire, 1932
Convoqué par le roi Fouad 1er d’Egypte le premier Congrès de musique arabe s’est tenu au Caire du 28 mars au 3 avril 1932. Le principal instigateur en fut le baron Rodolphe d’Erlanger, spécialiste de la musique arabe. Mais atteint par la maladie, ce dernier ne put y participer et décédera quelque mois après sa tenue. Le Congrès de musique arabe est la première manifestation d’importance internationale à se tenir sur une musique non occidentale. Nombre de personnalités furent invitées à s’y rendre, parmi lesquelles les compositeurs Bela Bartok, Paul Hindemith…, les musicologues Erich Moritz von Hornbostel, Curt Sachs, Muhammad Kâmil al-Hajjâj, Mahmûd Ahmad al-Hifnî… Si dans ses objectifs initiaux figure une volonté affirmée de “ modernisme ” et de théoricisation de la musique arabe, avec le recul, le Congrès apparaît comme “ une redécouverte de la tradition et à sa référence en tant que base historique ” (Poché, 1998, 24). Dans ce contexte, le Congrès fut aussi l’occasion d’entendre les interprètes, solistes et ensembles, parmi les plus prestigieux des musiques arabo-maghrébines de l’époque. Or la particularité du Congrès Réserve des livres rareside en ce qu’une section entière y fut consacrée à l’enregistrement phonographique, légitimant ce dernier comme moyen d’analyse et de réflexion musicologique. 342 faces de 78 tours furent ainsi enregistrées par la marque Gramophone pendant le Congrès. D’un point de vue artistique, l’ensemble se situant à la fin de la période de la nahda (Renaissance arabe) revêt alors un caractère historique et musical d’une valeur incomparable. Au côté des musiques profanes savantes et populaires, citadines et rurales, on relèvera notamment un certain nombre d’enregistrements religieux rarissimes comme celui du rituel d’invocation de Dieu de la confrérie sunnite Badawiyya, celui du concert sacré des Mawlawiyya (les “ derviches tourneurs ”) du Caire ou encore les enregistrements de l’église copte orthodoxe egyptienne. Philippe Stern pour la Musée Guimet, Mmes Hercher Clément et Lavergne pour le Musée de la parole et du geste (voir notice) figuraient parmi les personnalités invitées au Congrès. A ce titre, en 1935, après avoir donné une collection des enregistrements sonores réalisés pendant le Congrès au Musée Guimet et à la British Library, le Roi Fouad 1er eut le même geste pour le Musée de la parole. Ce sont les seules collections de ces enregistrements existant au monde.
Recueil des Travaux du Congrès de Musique Arabe qui s’est tenu au Caire en 1932 (Hég. 1350) sous le haut patronage de S.M. Fouad 1er, Roi d’Egypte. Le Caire : Imprimerie nationale, 1932 Moussali, Bernard. "Présentation du Congrès de musique arabe du Caire de 1932", Congrès du Caire 1932, 2 disques compacts + 1 brochure. Paris : Bibliothèque nationale, : Institut du Monde arabe, 1988, p. 19-21 Poché, Christian, "Le Congrès de musique arabe du Caire : tenants et aboutissants", Congrès du Caire 1932, 2 disques compacts + 1 brochure., Paris, Bibliothèque nationale, Institut du Monde arabe, 1988, pp. 23-37
Les Catalogues imprimés de la Bibliothèque nationale : liste, description, contenu, Paris : Bibliothèque nationale, 1943, Impr. 71. E.-G. Ledos, Histoire des catalogues des livres imprimés de la Bibliothèque nationale, Paris : Éditions des bibliothèques nationales, 1936, p. 216