Larrey, Félix-Hippolyte (1808-1895) (Z Larrey)
Félix-Hippolyte Larrey est à l'origine du don à la Bibliothèque nationale des ouvrages hérités de son père Dominique-Jean Larrey (1766-1842), don effectué par sa légatrice Melle Juliette Dodu (1848-1909), qui fut sa compagne à qui il légua sa fortune. Juliette Dodu, héroïne de la guerre de 1870, est la première femme en France à recevoir la médaille militaire et la Légion d'honneur à titre militaire.
Dominique-Jean Larrey (1766-1842), son père, fut chirurgien des armées de la Révolution française, puis chirurgien en chef de la Grande armée. Il fut une figure de l’épopée napoléonienne : après avoir participé à l’Expédition d’Egypte aux côtés de Bonaparte, dont il devint l’ami, il fut anobli par l’empereur sur le champ de bataille de Wagram (1809) et fait prisonnier à Waterloo après avoir été blessé. En 1829, il fut élu membre de l’Institut. Il constitua une collection d’ouvrages sur l’histoire de la Révolution et de l’Empire et sur la vie de Napoléon Ier, de Napoléon III et de leurs familles qui fut reçue en don à la Bibliothèque nationale.
Cette collection constitue un fonds particulier de près de 900 volumes (dont quelques "pièces") dans le département Philosophie, histoire, sciences de l'homme sous la cote Z Larrey : 12 Gr. Fol., 36 in-Fol, 134 in-4°, 711 in-8° ; elle comporte aussi un nombre restreint de documents (Albums, recueils de planches gravées, etc.) conservés sous différentes cotes : Qe 36 xxx, Qe 31a au département des Estampes et de la photographie.
La collection a fait l’objet d’un catalogue (1896) où les ouvrages, répartis en 13 sections thématiques, sont classés par :
Annie Berthier (dir.), Manuscrits, xylographes, estampages : les collections orientales du département des Manuscrits : guide, Paris : Bibliothèque nationale de France, 2000, p. 138-140
François Lesure, « The Music department of the Bibliothèque nationale », Notes / Music library association, 1978, p. 251-268.
Lesouëf, Auguste (1829-1906) : Estampes de la collection Smith-Lesouëf
Auguste Lesouef était issu d'une famille normande qu'une bonne tradition d'économie, pour ne pas dire d'avarice, avait rendue prospère. Jeune homme doué, mais d'un naturel indolent et pessimiste, il fit quelques études qu'il ne poussa pas au-delà d'une licence en droit, et fut placé par son père successivement chez un marchand de savon puis chez un avoué. En 1857, à la mort de son père, il se trouva à la tête d'une honorable fortune. En compagnie de son ami Léon de Rosny, il fit plusieurs voyages à l'étranger, puis à partir de 1889 ne quitta plus la capitale. Il habitait boulevard Beaumarchais une assez laide et banale maison de rapport, et tout son temps passa à collectionner -on serait tenté de dire : entasser- livres, manuscrits, cartes, gravures, dessins, médailles et objets divers. Tous les après-midi, il se rendait chez ses fournisseurs habituels, Belin, Champion, Feuardent... et se faisait renseigner sur les ventes publiques mais n'y paraissait jamais. Il ne voyait pratiquement personne, hormis sa sœur Anne-Léontine, mariée à un Anglais, Jules Smith, et ses deux nièces, Jeanne, qui lui faisait la lecture, et Madeleine, peintre médiocre, élève de Jean-Jacques Henner, qui devait épouser l'historien Pierre Champion. Il mourut en 1906 des suites d'un accident, ayant été renversé par un fiacre quelques jours plus tôt.
La collection d'Auguste Lesouef fut donnée à l'Etat par ses héritières en 1913. Pierre et Madeleine Champion l'avaient transférée dans leur propriété de Nogent-sur-Marne (l'ancienne maison de Watteau, où celui-ci était mort en 1731), faisant construire "Un bâtiment à cet effet dans le parc. Hormis les médailles, les manuscrits ainsi qu'un certain nombre d'ouvrages anciens jugés plus précieux, transférés à la Bibliothèque Nationale au cours de la dernière guerre, elle y resta jusqu'en 1980. A cette date, elle fut entièrement transportée dans le quadrilatère Richelieu. Étrangement hétérogène, la collection Smith-Lesouef compte, en ce qui concerne les gravures, près de 17 500 numéros correspondant à des unités bibliographiques qui peuvent contenir plusieurs pièces, voire plusieurs dizaines de pièces chacune. Cette collection, tout à fait considérable, se divise en cinq grandes masses: Topographie (le vieux Paris étant un de ses principaux sujets d'intérêt, il avait acquis un ensemble de 1 383 dessins de Chauvet représentant des monuments ou des sites voués à la destruction) ; Histoire (avec une nette prépondérance pour l'histoire révolutionnaire); Modes et Costumes, uniformes militaires (citons plus de 130 gouaches originales de Charles de Luna) ; enfin et surtout art, avec un ensemble inestimable d'estampes originales et de reproduction (50 Bosse, 250 Bonnart, 38 Boilly, 200 Carle Vernet dont 28 aquarelles originales, 250 Daumier, 150 Rops...).
Marque de collection : Bibliothèque nationale. Fondation Smith-Lesouef Collection en cours de catalogage Les renseignements biographiques sont tirés de notes manuscrites de Pierre Champion (époux de Madeleine Smith). conservées au Département des Estampes et de la Photographie.