Bengesco, Georges (1848-1922). Pseudonymes : Un ami de la France ; Un Bibliophile ; Un paysan du Danube
Descendant par sa mère d’une célèbre famille de boïards roumains, les Golesco, dont il écrivit l’histoire ("Une famille de boyards lettrés roumains au XIXe siècle. Les Golesco", Paris, 1922), Bengesco, envoyé enfant à Paris, fut éduqué en France. Une fois ses études de droit terminés, il poursuivit pendant quarante ans une longue carrière de diplomate roumain (secrétaire à la Légation de Paris, ministre à Bruxelles, consul général à Constantinople). Même s’il fut élu membre de l’Académie Roumaine et lauréat de l’Académie des Beaux-Arts, les titres qu’il préféra furent ceux de "diplomate et bibliographe", qu’il choisit d’ailleurs pour l’exergue d’une médaille à son effigie.
Éditeur de Voltaire en neuf volumes (1887-1892), il fut aussi son meilleur bibliographe. Voltaire : bibliographie de ses œuvres, paru en quatre volumes (1882-1890 ; reprint en 1977), reste de nos jours un ouvrage de référence. Une mention particulière doit être faite de sa Bibliographie franco-roumaine depuis le commencement du XIXe siècle jusqu’à nos jours (ouvrages imprimés ou édités en France) (1895 ; 2e éd. augm., 1907) qui scelle son double appartenance aux lettres françaises et roumaines. Bengesco avait lui-même collectionné des éditions voltairiennes, qui sont signalées dans sa bibliographie voltairienne avec la mention (C.V. Ben). Il en fit don en 1885 et en 1893 à la Bibliothèque nationale.
Les 1005 numéros, qui constituent cette collection, sont conservés à la Réserve des livres rares sous la cote Rés. Z. Bengesco, où ils sont resté classés selon le plan de Bengesco. Le premier don, qui comprenait 375 ouvrages, suit l’ordre des volumes I et II de la bibliographie voltairienne. Le deuxième don fit l’objet d’un catalogue manuscrit établi par Bengesco (Rés. Z. Bengesco 1005) : il correspond à des éditions décrites à la fin du t. II et dans les t. III et IV de la Bibliographie et à des ouvrages sur Voltaire non cités dans la Bibliographie.
Alfred Dumaine, "Georges Bengesco". Journal des débats politiques et littéraires, 27 nov. 1922, n° 329 Il n’existe pas de carnet ou d’inventaire séparé.
Lydia Mérigot, Les Catalogues du Département des imprimés, Paris : Bibliothèque nationale, 1974, p. 49. Les Catalogues imprimés de la Bibliothèque nationale : liste, description, contenu, Paris : Bibliothèque nationale, 1943, Impr. 111
Don fait en octobre 1938 par Antonio Aïda au nom de la Comision nacional de cooperacion intelectual (Buenos Aires) comprenait environ 800 titres publiés surtout dans les années 1920 et 1930 « représentant les meilleurs auteurs argentins ». Les ouvrages concernent l’histoire, la littérature, la géographie, le droit, le folklore, les récits de voyages et dans une moindre mesure les sciences et techniques, l’art, l’économie, la sociologie, la philosophie et le religion. Le catalogue est publié en 1939 sous forme de supplément au Bulletin des acquisitions étrangères de la Bibliothèque nationale,. les ouvrages sont classés par ordre alphabétique auteurs/titres. Ils sont conservés dans le Département Philosophie-Histoire-Sciences de l’Homme sous la cote P Argentin : 10 Fol, 94 in-4°, 625 in-8°.
Bulletin argentin, n°1 décembre 1939. Paris : Libr. Klincsieck, 1939. (Supplément au Bulletin des acquisitions étrangères de la Bibliothèque nationale)
Jackson, William V.. « L’étude des fonds latino-américains de la Bibliothèque nationale ». Revue de la Bibliothèque nationale, 1983, n°9, p. 29-42.
Levasseur, Mauricette. Imprimés argentins de la Bibliothèque nationale : Catalogue. Paris : Bibliothèque nationale , 1993.
Morin, Marie-Renée, Schaeffer, Marie-Danièle. Les fonds imprimés latino-américains de la Bibliothèque nationale. Paris : [M. R. Morin], 1983.
Les Catalogues imprimés de la Bibliothèque nationale : liste, description, contenu, Paris : Bibliothèque nationale, 1943, Impr. 84
André Antoine (1858-1943), considéré comme le créateur de la fonction de metteur en scène au sens moderne du terme, fonde le Théâtre-Libre en1887 pour défendre au théâtre l’école naturaliste. A contre courant des conventions en cours, il se fait le propagateur d’un jeu naturel, inscrit dans un décor exact, des accessoires vrais, des costumes inspirés du réel. L’éclairage électrique joue un rôle déterminant dans son système esthétique. La mise en scène chez Antoine procède d’une véritable reconstruction artistique du réel, comme chez Stanislavski.
Il monte durant les neuf fécondes années d’exercice de ce théâtre, 124 œuvres nouvelles, introduit et fait connaître en France de grands auteurs étrangers, Ibsen, Strindberg. Devenu directeur du Théâtre Antoine (1897-mai 1906), après la fin de l’expérience du Théâtre-Libre, il prolonge sa démarche, met en scène Shakespeare, et poursuit au Théâtre de l’Odéon (1906-1914) son incursion chez les auteurs étrangers mais aussi dans le répertoire classique français (Racine, Molière…). Ses mises en scène combinent un souci de fidélité historique et une extrême théâtralité. Il aborde le cinéma avec les mêmes règles qu’il a appliquées au théâtre. Il est le premier à tourner en extérieur, et tente dans un style original de mêler documentaire et fiction, ethnographie et poésie (Le Coupable, L’Hirondelle et la Mésange) Après la première guerre mondiale, son activité sera essentiellement celle d’un critique dramatique et cinématographique (dans Le Journal, L’Information…).
André Antoine a lui-même remis en 1932 à son ami Auguste Rondel un fonds qui sera complété par des dons successifs et qui comprend des manuscrits reçus, très souvent enrichis de notes de mise en scène, un ensemble de registres et de documents administratifs, la précieuse série des huit recueils dits "recueils Mosnier", qui relatent l’histoire du Théâtre-Libre, les critiques dramatiques qu’Antoine signait et sa correspondance, soit 20 000 lettres d’acteurs décorateurs, écrivains, cinéastes, hommes politiques. Des achats notamment de correspondance ont permis de compléter cet ensemble. En 1966 et 1967, cette collection s’enrichit : du manuscrit autographe de l’ouvrage écrit sur Antoine par Mattei Roussou, auteur dramatique, mais surtout médecin d’Antoine, des lettres de ce dernier à la famille, ainsi que des maquettes de décors de Medgiès et Wadachi ; grâce à la générosité de son fils, le comédien Samson Fainsilber.
André-Paul Antoine (1892-1982), son fils, lui même auteur et scénariste, complète la collection par un don effectué en 1955, et y ajoute sa propre correspondance. Il fait aussi un legs remis en 1984, d’un ensemble d’ouvrages -certains dédicacés à Antoine, d’autres annotés de sa main- de manuscrits, de maquettes et de photographies. Le fonds André Antoine est à l’origine des dons émanant des grands praticiens du 20e siècle, qui sont venus enrichir les collections de spectacle, une initiative largement redevable à l’amitié nouée entre Auguste Rondel et André Antoine. Une liste des correspondants d’Antoine est à la disposition des chercheurs.
Maurice Allard du Chollet (27 mai 1863 - 1er avril 1937) était un érudit et collectionneur d'autographes et de manuscrits divers. La collection d'autographes du comte Maurice Allard du Chollet a été donnée à la Bibliothèque nationale en 1936. Elle représente 50 volumes d'autographes montés dans de grands in-folios à demi-reliure. Les autographes sont rangés par séries : princes, hommes politiques, artistes... Dans la collection, on recense notamment des ensembles nommés « Artistes », « Musiciens », « acteurs » , « littérateurs ».
Maurice Allard du Chollet fut fait comte romain en 1899, et chevalier de l'ordre de Pie IX. L'hôtel particulier Allard du Cholet, 114, bis boulevard Malesherbes, abrite depuis 1924 l'Ecole normale de musique de Paris.
La collection d’autographes est conservée au département des Manuscrits, dans la série des Nouvelles acquisistions françaises, sous les cotes : [NAF 23986-24035
Le volume NAF 24035 a été numérisé : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52503517t
Il a par ailleurs laissé d'autres manuscrits au musée du Louvre, au musée Carnavalet et à Versailles.
Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile de France, année 1937, p. 25.