Congrès de musique arabe du Caire, 1932
Convoqué par le roi Fouad 1er d’Egypte le premier Congrès de musique arabe s’est tenu au Caire du 28 mars au 3 avril 1932. Le principal instigateur en fut le baron Rodolphe d’Erlanger, spécialiste de la musique arabe. Mais atteint par la maladie, ce dernier ne put y participer et décédera quelque mois après sa tenue. Le Congrès de musique arabe est la première manifestation d’importance internationale à se tenir sur une musique non occidentale. Nombre de personnalités furent invitées à s’y rendre, parmi lesquelles les compositeurs Bela Bartok, Paul Hindemith…, les musicologues Erich Moritz von Hornbostel, Curt Sachs, Muhammad Kâmil al-Hajjâj, Mahmûd Ahmad al-Hifnî… Si dans ses objectifs initiaux figure une volonté affirmée de “ modernisme ” et de théoricisation de la musique arabe, avec le recul, le Congrès apparaît comme “ une redécouverte de la tradition et à sa référence en tant que base historique ” (Poché, 1998, 24). Dans ce contexte, le Congrès fut aussi l’occasion d’entendre les interprètes, solistes et ensembles, parmi les plus prestigieux des musiques arabo-maghrébines de l’époque. Or la particularité du Congrès Réserve des livres rareside en ce qu’une section entière y fut consacrée à l’enregistrement phonographique, légitimant ce dernier comme moyen d’analyse et de réflexion musicologique. 342 faces de 78 tours furent ainsi enregistrées par la marque Gramophone pendant le Congrès. D’un point de vue artistique, l’ensemble se situant à la fin de la période de la nahda (Renaissance arabe) revêt alors un caractère historique et musical d’une valeur incomparable. Au côté des musiques profanes savantes et populaires, citadines et rurales, on relèvera notamment un certain nombre d’enregistrements religieux rarissimes comme celui du rituel d’invocation de Dieu de la confrérie sunnite Badawiyya, celui du concert sacré des Mawlawiyya (les “ derviches tourneurs ”) du Caire ou encore les enregistrements de l’église copte orthodoxe egyptienne. Philippe Stern pour la Musée Guimet, Mmes Hercher Clément et Lavergne pour le Musée de la parole et du geste (voir notice) figuraient parmi les personnalités invitées au Congrès. A ce titre, en 1935, après avoir donné une collection des enregistrements sonores réalisés pendant le Congrès au Musée Guimet et à la British Library, le Roi Fouad 1er eut le même geste pour le Musée de la parole. Ce sont les seules collections de ces enregistrements existant au monde.
Recueil des Travaux du Congrès de Musique Arabe qui s’est tenu au Caire en 1932 (Hég. 1350) sous le haut patronage de S.M. Fouad 1er, Roi d’Egypte. Le Caire : Imprimerie nationale, 1932 Moussali, Bernard. "Présentation du Congrès de musique arabe du Caire de 1932", Congrès du Caire 1932, 2 disques compacts + 1 brochure. Paris : Bibliothèque nationale, : Institut du Monde arabe, 1988, p. 19-21 Poché, Christian, "Le Congrès de musique arabe du Caire : tenants et aboutissants", Congrès du Caire 1932, 2 disques compacts + 1 brochure., Paris, Bibliothèque nationale, Institut du Monde arabe, 1988, pp. 23-37
Les Catalogues imprimés de la Bibliothèque nationale : liste, description, contenu, Paris : Bibliothèque nationale, 1943, Mss 106. Werner Paravicini, Die Nationalbibliothek in Paris : ein Führer zu den Beständen aus dem Mittelalter und der frühen Neuzeit, München ; New York ; Paris [etc.] : K.G. Saur, 1981, p. 58 et 62
Clément, Nicolas (1647-1712)
Nicolas Clément (Toul, 1647- Paris, 1712) est l'une des grandes figures de l'histoire de la Bibliothèque nationale. Entré dès 1665 à la bibliothèque dans le sillage de Carcavy, bibliothécaire de Colbert, il fut nommé commis à la garde des planches et estampes en 1670 , et chargé plus tard particulièrement de la collection de l’abbé de Marolles. On lui doit par ailleurs les premiers catalogues de la bibliothèque : de 1675 à 1684, il établit sur registres le premier catalogue méthodique des 35 000 ouvrages que possédait alors la bibliothèque, répartis en 23 divisions. Dans le second catalogue, entrepris en 1688, le cadre de classement est amélioré.
Collectionneur passionné de portraits gravés, il en accumula pendant toute sa vie, arrivant ainsi à un total de 18 000 pièces. Il passe d'ailleurs pour avoir prélevé dans les livres imprimés les frontispices ornés de portraits gravés. A sa mort, il légua au roi sa collection, regroupée en 108 portefeuilles. Ce legs entra officiellement à la bibliothèque en 1715, mais transita en fait par Versailles puis par le domicile de Clairambault, qui classait à la même époque les portraits de Roger de Gaignières. Ce fut Bignon qui réclama le retour de la collection Clément à la Bibliothèque royale. Il en fit alors dresser un inventaire sommaire.
La collection Clément ne fut pas conservée à la bibliothèque comme une entité particulière. Bien au contraire, elle servit de base à une plus vaste collection de portraits, qui devait devenir avec l'organisation en séries de 1800 la série N. Cette série, classée alphabétiquement et faisant l'objet d'un catalogue sur fiches, compte aujourd'hui plus de 200 000 pièces parmi lesquelles sont intégrées celles de la collection Clément. On peut les identifier à la marque "Cl" portée à la plume par Nicolas Clément sur ses portraits.
Beaumont-Maillet. Laure. "Les collectionneurs au Cabinet des Estampes". Nouvelles de l'estampe, 1993, n° 132, p. 5-27. Dictionnaire de biographie française, t. 8, 1959 Guibert. Joseph. Le cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale. Histoire des collections suivie d'un guide du chercheur. Paris : M. Le Garrec, 1926. 270 p.-[32] p. de pl.
Laure Beaumont-Maillet, « Les collectionneurs au Cabinet des Estampes », Nouvelles de l’estampe, 1993, n° 132, p. 5-27. N° 2
Claudin (Anatole) [Réserve des livres rares, L&A]
Anatole Claudin (Orléans 1833-Charenton 1906) fut non seulement un grand libraire parisien mais aussi un bon paléographe et surtout un bibliographe d’envergure, spécialisé dans les débuts de l’imprimerie dans les villes françaises. Parmi son abondante bibliographie, son œuvre maîtresse, l’Histoire de l’imprimerie en France au XVe et au XVIe siècle, connut quatre volumes de 1900 à 1914 (le dernier publié par Paul Lacombe), mais demeura inachevée. Sa grande amitié avec Léopold Delisle – qui rêvait de réitérer la fructeuse collaboration entre un grand libraire et un grand bibliothécaire qui avait été celle de Jean-Jacques Debure et de Joseph Van Praet – se révèle dans une multitude de conseils partagés, de dons, d’achats ou d’échanges qui enrichirent la Bibliothèque nationale à la fin du XIXe siècle : lorsqu’il s’agit de dons de la part de Claudin, ce sont souvent des fragments retrouvés en défets, d’apparence modeste mais concernant des éditions rarissimes ou inconnues.
Lors de la vente aux enchères en 1914 de la bibliothèque personnelle de Claudin, Seymour de Ricci acheta ses papiers et l’ensemble de sa précieuse collection de catalogues de vente annotés, tandis que la Bibliothèque nationale acquérait de son côté 32 livres anciens (du XVe au XVIIe siècle). C’est lors du legs de S. de Ricci († 1942), entré en 1944, que les papiers Claudin firent leur entrée à la Réserve des livres rares : papiers personnels, épreuves corrigées, fichiers de travail et photographies d’incunables (précieuses car non retouchées à la différence des reproductions publiées). Un inventaire dactylographié des papiers Claudin, rédigé par Ursula Baurmeister, est consultable sur demande à la Réserve des livres rares, ainsi qu’en usuel un tome V factice de l’Histoire de l’imprimerie en France au XVe et au XVIe siècle, composé de reproductions tirées sur placards reproduisant des éditions issues d’ateliers provinciaux.
Les catalogues de librairie de Claudin, dont les Archives du bibliophile annotées de sa main, ainsi que les catalogues des ventes qu’il avait dirigées, sont quant à eux conservés au département Littérature et arts (cotes Q10 B et ?).
Seymour de Ricci, Bibliographie des publications d’Anatole Claudin, Londres, 1926 ; Seymour de Ricci, Documents sur la typographie et la gravure en France, aux XVe et XVIe siècle, réunis par A. Claudin, 2 vol., Londres, 1926, introduction.
En 1848, après la chute de la monarchie, quelques milliers de manuscrits provenant des offices et concerts de la Chapelle du roi furent attribués au Conservatoire (Lesueur, Paisiello, Cherubini). Ce fonds contient également la musique exécutée aux concerts de la cour, notamment sous Napoléon Ier (airs d’opéras italiens) ainsi que des matériels complets d’opéras italiens qui pourraient provenir du Théâtre Italien (on y a retrouvé des fragments importants d’ Il Viaggio a Reims de Rossini).
Séries H, D et L.
François Lesure, « The Music department of the Bibliothèque nationale », Notes / Music library association, 1978, p. 251-268.